Le bilinguisme d’un enfant expatrié

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Lorsque nous avons appris que nous partions vivre à Singapour, la question de la scolarité de notre fille de 2 ans (à l’époque) s’est posée.

Allions-nous l’inscrire dans une école française (bilingue anglais) ou dans une école locale (“preschool”, bilingue anglais-chinois) ? J’avais fait quelques recherches pour trouver les écoles françaises susceptibles d’accueillir notre fille (j’en parle dans un article ici) à Singapour.

Et puis, une fois sur place et après renseignements pris auprès de parents vivant à Singapour, nous nous sommes orientés vers la preschool.

Pourquoi ?

1- les écoles françaises étaient difficiles d’accès depuis notre appartement (il aurait fallu faire appel au service de bus mis en place par les écoles qui imposait de longs trajets à notre fille matin et soir)

2- on trouve des preschool partout autour de chez soi (j’en ai visité 4 en l’espace d’une semaine, accessible à pied, avant de faire mon choix)

3- nous avons décidé que le mieux pour notre fille serait d’être immergée dans la culture locale, d’entendre et de parler anglais toute la journée (avec un peu de chinois) et de retrouver la langue française avec ses parents en rentrant à la maison le soir. Et à cet âge là, les enfants sont des « éponges » et s’adaptent très bien. Le bilinguisme était un plus.

4- cela nous laissait le temps, jusqu’à ses 6 ans (et si nous sommes encore à Singapour), de se reposer la question d’une scolarité française, à l’âge où elle est censée entrer en primaire, apprendre à lire et à écrire.

La liste d’attente pour une entrée en preschool était longue mais le fait de l’inscrire en « full-time » lui a permis de commencer 2 semaines plus tard.

Pendant longtemps, nous n’avons pas su si elle comprenait et se débrouillait en anglais en preschool. C’est lors d’une réunion individuelle parents/professeurs que nous avons appris avec stupéfaction que notre fille parlait et comprenait parfaitement bien l’anglais et qu’elle avait même appris des mots et expressions japonaises et coréennes, en plus de ses cours de chinois !

En effet, à la maison, lorsque nous tentions de lui parler en anglais, elle activait le mode « je suis timide » et ne nous répondait pas. Seules les chansons anglaises (les « nursery rhymes« ) qu’elle écoutait à la maison nous permettaient de l’entendre chanter en anglais.

Puis, fin février 2017, nous avons engagé une aide à domicile à la maison (une « helper« , « maid » ou « auntie » comme on les appelle ici), une Philippine qui, bien entendu, ne parlait pas un mot de français.

Nous l’avions prévenu qu’avec notre fille, nous parlions français à la maison, afin qu’elle continue à enrichir son vocabulaire et à entendre sa langue natale. Il ne lui a pas fallu des semaines pour comprendre qu’avec papa et maman, on parlait français et qu’avec la helper, on parlait anglais. Les rares fois où elle employait des mots en français, la helper la reprenait en lui demandant “in english please, I don’t understand”. Depuis, notre fille passe de l’anglais au français et du français à l’anglais comme si c’était inné chez elle. Beaucoup plus facilement que je n’aurais pu l’imaginer il y a un an encore !

Et parfois, la helper et elle échangent quelques mots en chinois. La chanson « Joyeux anniversaire » est d’ailleurs connue en 3 langues : français, anglais et chinois. J’ajouterai même que c’est la version française qu’elle connaît le moins, puisqu’elle nous demande à chaque fois comment on la chante.

Nous sommes même parfois amenés à lui faire répéter plusieurs fois ce qu’elle nous dit car nous ne sommes pas sûrs de la langue parlée ! 😀

Bilan

Aujourd’hui, près d’un 1 an plus tard, ma fille est quasiment bilingue (dans la limite du vocabulaire d’une enfant de 3 ans) et j’en retire une grande fierté.

La preschool, la helper, les amis qu’elle s’est fait dans le condo où nous vivons et qu’elle voit quasiment tous les jours, font qu’elle améliore son anglais de jour en jour, beaucoup plus vite que le mien d’ailleurs qui a tendance à stagner !

Sa capacité d’adaptation, d’apprendre une nouvelle langue, de « switcher » d’une langue à l’autre en fonction de son interlocuteur me fascine.

Bien entendu, il y a parfois des confusions et des mélanges entre les 2 langues… Le « franglais » s’invite alors dans la conversation. Les dernières en date étant, dans une phrase prononcée en français, le “because” qui s’invite au lieu du “parce que”, ou le « il say » pour « il dit ». 🙂 Dans ce cas, nous prenons le soin de reformuler la phrase correctement en français ou de lui expliquer que tel mot se prononce ainsi en telle langue.

preschool Singapour

Approfondir le thème du bilinguisme

Du coup, j’ai décidé d’approfondir le sujet en me renseignant sur le bilinguisme des enfants en général (pas forcément suite à une expatriation j’entends).

Je ne sais pas si certain(e)s d’entre vous ont des lectures à me conseiller sur le sujet ?

J’ai déjà acheté (mais pas commencé) le livre « Le défi des enfants bilingues » de Barbara Abdelilah-Bauer qui ressort dans quasiment toutes les recherches effectuée sur Internet en ce qui concerne le bilinguisme des enfants. Elle a aussi écrit un autre livre « Guide à l’usage des parents d’enfants bilingues » qui compléterait le 1er livre avec des témoignages de parents.

Je suis aussi tombée sur plusieurs articles qui résument bien la question du bilinguisme chez l’enfant et l’apprentissage de nouvelles langues :

Bref, je suis preneuse de toutes les informations sur le bilinguisme que vous pourrez m’apporter si vous en avez (lecture, site Internet, témoignages, etc.) et de vos retours d’expérience sur le sujet ! 🙂

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commentaires

  1. Je trouve ça merveilleux de voir ses enfants, surtout à cet âge, apprendre naturellement une nouvelle langue. Je me suis posée beaucoup de questions aussi à l’époque de notre arrivée en Chine et de l’inscription de ma grande en première année de maternelle. D’autant qu’elle a fait un certain rejet du Chinois durant de long mois. C’est Ayi qui l’a aidé à débloquer les choses, surtout en chantant avec elle. Aujourd’hui, 3 ans après notre arrivée en Chine, elle parle chinois comme tous les enfants de son âge. Elle switche d’une langue à l’autre sans même sien rendre compte. Et Elle réclamé de plus en plus que je lui apprenne l’anglais (en plus des deux heures d’anglais qu’ils font à l’école!) Mais ce qui m’impressionne encore plus c’est le petit, qui est né en Chine et qui a vraiment deux langues maternelles pour le coup. Lui il parle les deux langues du haut de ses deux ans. Et avec un sacré vocabulaire! Et puis il chante en anglais aussi, à la suite de sa sœur. Les enfants sont vraiment impressionnant parfois!

    • muminlearning affirme: juillet 3, 2017 at 9:37

      C’est une chance énorme pour moi de pouvoir élever ses enfants à l’étranger et de leur ouvrir les portes d’autres langues et cultures.
      En espérant que le jour où il faudra rentrer en France, la langue apprise lors de l’expatriation survive… ou reste ancrée quelque part.

  2. Le site Heureux comme Ulysse apporte pas mal de réponses de professionnels sur cette question (des orthophonistes notamment) et permettent d’apprendre beaucoup de chose sur la question. Quant au « il say » et au « because », ce n’est pas du franglish, c’est juste que les bilingues sortent en premier le mot qui leur vient le plus facilement (mais ils savent parfaitement quel mot vient de quel langue sans faire de confusion, fascinant non ?).

    • muminlearning affirme: juillet 3, 2017 at 3:43

      Merci pour l’info sur le site, j’irai y faire un tour.
      Il faut d’ailleurs que j’achète le livre !

  3. Carole Huynh affirme: juillet 9, 2017 at 10:55

    Bonjour,
    Votre article est très intéressant (le blog aussi, je suis en train de tout lire 🙂 ! J’ai un petit garçon de 7 mois, mon mari lui parle chinois et moi français, et nous vivons en france. Il est possible qu’on s’installe à Singapour à la fin de l’année,et on se pose la même question. Je ne pensais pas qu’ils prenaient les enfants si jeune, il s’agit d’une crêche plutôt que d’une école maternelle? Est-ce possible de connaître les prix? Merci!

    • muminlearning affirme: juillet 10, 2017 at 5:31

      C’est ce qui s’appelle ici « preschool »; ils prennent les enfants de 18 mois à 6 ans donc on peut comparer ça à une crèche couplée d’une maternelle par rapport à la France. Sauf que le niveau est bien plus avancé à mon sens (ma fille connaît l’alphabet et sait compter jusqu’à 20 à 3 ans).
      Concernant les prix, tout dépend des preschool mais celle de ma fille coûte 1 500$SG pour un temps plein. D’autres sont beaucoup plus chères et d’autres moins chères.
      A vous de voir ensuite ce qui vous convient…
      Pour un enfant de 7 mois, il y a d’autres structures qui peuvent accueillir votre enfant.
      Je vous conseille d’aller sur ce site (https://www.childcarelink.gov.sg/ccls/home/CCLS_Home.jsp) pour avoir une idée des structures dans chaque quartier selon vos besoins.

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