Le chassé-croisé estival des expat’

destination voyage

Pour notre deuxième été passé à Singapour depuis que nous avons quitté la France en avril 2016, je ressens fortement le fameux « chassé-croisé » d’expat’.

Qu’est-ce que c’est ?

Non, je ne parle pas des très nombreuses familles françaises qui rentrent en France quelques semaines pour les vacances avant de rentrer dans leur pays d’accueil. (Beaucoup ayant leurs enfants inscrits au Lycée Français de Singapour, les 2 mois de grandes vacances sont la période idéale pour rentrer au bercail retrouver ses proches).

Je parle des français (ou autres nationalités) qui quittent définitivement le pays qui les a accueillis pendant quelques mois ou quelques années.

Certes, en étant expat’, on s’attend forcément à ce qu’un jour, il faille rentrer « à la maison » ou partir vivre une autre expat’ dans un autre pays mais la réalité, pour ceux qui restent, est plus dure.

Ben oui, quand on débarque dans un pays étranger, dans lequel on ne parle pas « ta » langue maternelle (ok, y a pire que l’anglais, j’aurais pu tomber sur du russe…), on a tendance à faire des rapprochements avec d’autres compatriotes, histoire de ne pas se sentir seuls et de trouver des repères en s’appuyant sur ceux qui vivent là depuis plus longtemps.

Cela facilite énormément l’intégration/la compréhension dans le nouveau pays : comment s’appelle l’équivalent du Doliprane ici ? Où trouver de la pâte feuilletée ? Du « vrai » fromage ? …  😉

On reforme vite un cercle d’amis proches (beaucoup plus vite qu’on ne se fait des amis en France d’ailleurs), avec lesquels on partage tout :

  • ses malheurs : « je n’ai absolument rien compris à ce que m’a dit la caissière du Fair Price < chaîne de supermarché > avec son accent singlish » ou « 6 mois sur liste d’attente pour inscrire X en preschool… » ou encore « 60$SG la boîte de lait 1er âge !!!« ,
  • ses joies : « j’ai trouvé un super site de pharmacie en ligne qui livre à Singapour avec des frais de port raisonnables ! » ou « j’ai reçu un colis de France avec plein de fromages et saucissons !« 

🙂 (Les exemples donnés ci-dessus sont véridiques)

Plus sérieusement, on devient très rapidement proches avec les connaissances faites « en terre inconnue » et il y a une forte communauté d’entraide.

Alors forcément, quand les amis t’annoncent qu’ils rentrent en France définitivement dans quelques mois ou partent pour une autre destination, l’atterrissage est brutal.

Tu prends alors conscience à ce moment là que tes supers amis que tu connais depuis que tu es arrivée, avec qui tu es partie en vacances, qui ont dîné chez toi un nombre incalculable de fois (et réciproquement), dont les enfants sont très proches des tiens … et ben, ça y est, ils s’en vont… 🙁

Une famille en moins dans tes amis d’ici (les « vrais » amis, tu n’en as pas non plus une palanquée, comme en France d’ailleurs).

En plus de les « perdre », tu te rends compte qu’il va falloir t’en faire de nouveaux, refaire le processus d’approche, de tatonnage pour savoir si on « accroche » ou pas, etc.

Forcément, les amis ça ne se fait pas comme ça.

Après donc 1 année d’expatriation, tu comprends que tous les ans, ça va être la même chose : des départs et des arrivées (de petits nouveaux).

Et la période estivale est propice à ces chassés-croisés d’anciens et de nouveaux expat’ (toujours en raison des fins d’année scolaire).

Rien que pour cet été 2017, nous avons d’annoncé (et pour la plupart déjà effectifs) : 2 retours en France et 1 départ pour un autre pays.

Quant à notre fille aînée de 3 ans (presque) 1/2, elle subit elle aussi les départs de ses petits copains de preschool. Ainsi, depuis le début de l’année scolaire (en janvier), elle a « perdu » sa meilleure amie japonaise (Hina), sa copine coréenne (Ji Woo), son meilleur ami japonais (Akito), ses copines indiennes (Rhada et Sia) et très bientôt sa deuxième meilleure amie espagnole (Chloé) et ses copines françaises …

Pas facile pour un petit bout comme ça de lui expliquer que beaucoup de ses amis vont partir un jour et que nous aussi, ça nous arrivera… Pour l’instant, elle réplique qu’elle veut elle aussi partir (au Japon, en Corée, au Vietnam… 🙂 ). Heureusement, à cet âge là et avec la preschool, elle se refait vite de nouveaux amis !

L’expatriation, c’est aussi ça : devoir renouveler régulièrement ses amis.

C’est un peu l’envers du décor, le côté « pas cool » de l’expatriation.

Mais c’est comme ça, on n’a pas le choix, on y passera nous aussi un jour et on laissera derrière nous des amis qui (je l’espère !) nous regretteront comme on regrette déjà les nôtres. Et puis, on restera en contact et on essaiera de se voir quand on sera de passage dans la région française ou en voyage dans le nouveau pays d’expat’.

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commentaires

  1. Bonano affirme: août 14, 2017 at 10:23

    Et oui, on a connu ça aussi à Hong Kong, c’est le plus dur à vivre quand on est expat… ????

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